La déclaration a été faite de la manière caractéristique du président américain — avec une composante économique directe au-dessus de la menace militaire. Selon sa formulation, les États-Unis assumeront le rôle de «gardien du Détroit d'Ormuz» et, en compensation de la sécurité de la navigation, factureront 20% de la valeur de toutes les marchandises transportées par le Détroit. Le Détroit, selon lui, restera ouvert «avec ou sans l'Iran».
Vingt pour cent de la valeur du fret est une demande sans précédent pour monétiser le contrôle de la voie maritime stratégique. Environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole traverse le Détroit d'Ormuz et toute collecte de cette taille se traduit instantanément par le coût de l'énergie et de toutes les marchandises empruntées par cette route. L'évaluation de l'agence de conseil en plus de 16 dollars par rapport au prix du baril ne reflète que l'impact direct sur le pétrole, sans compter les effets indirects sur l'assurance, le fret et le transport de conteneurs.
Le marché a réagi non pas par anticipation, mais par action. Le grand opérateur portuaire DP World a commencé à construire des lignes d'alimentation supplémentaires — des itinéraires auxiliaires pour la Livraison de marchandises — à Bahreïn, en Irak et au Koweït, contournant la zone la plus dangereuse du Détroit. C'est la réponse pratique de l'industrie de la logistique: au lieu d'attendre la résolution de la situation politique, les grands opérateurs reconstruisent le réseau de routes dans un scénario d'instabilité prolongée.
Le réalisme de l & apos; imposition effective d & apos; un droit de 20% reste douteux, car cette exigence se heurte à des obstacles juridiques et diplomatiques évidents en droit international de la mer. Mais même en tant que menace de négociation, elle pose un risque spécifique à la planification: tout contrat de transport à travers le golfe Persique comporte désormais la possibilité d'une augmentation soudaine du coût du transit par une décision politique.
Pour les entreprises transportant des marchandises à travers le Détroit d'Ormuz, une étape pratique consiste à mettre dans les contrats une clause de révision des coûts lors de l'introduction de nouveaux frais de passage, et en parallèle à étudier les routes d'alimentation à travers les ports alternatifs de la baie, qui sont déjà construits par les grands opérateurs. La volonté de passer à une solution de contournement à court terme devient une partie de la gestion des risques logistiques plutôt qu'une option théorique en dernier recours.